Abeilles et insecticides : un sujet environnemental préoccupant

S’il est bien un sujet qui préoccupe écologistes et spécialistes de l’environnement c’est bien celui du déclin des abeilles. Les abeilles contribuent de façon importante à la préservation de la biodiversité. Ce sont en effet des insectes pollinisateurs : elles butinent les fleurs pour se nourrir et transportent ainsi du pollen d’une fleur à une autre pour en assurer la pollinisation. C’est pour cette raison qu’on leur associe un rôle primordial dans la reproduction des espèces végétales.

Les abeilles, notamment les butineuses, sont cependant exposées à plusieurs insecticides, en particulier les néonicotinoïdes, introduits en Europe dans les années 90 et figurant parmi les plus prisés des agriculteurs du monde entier. Ces produits auraient des effets délétères sur les abeilles domestiques et les bourdons sauvages, et cela, même à petites doses. Faisons le point sur les relations entre les insecticides et le déclin des abeilles.

Néonicotinoïdes : effets sublétaux sur les abeilles

Les néonicotinoïdes désignent une famille d’insecticides connue qui figure parmi les plus utilisés à travers le monde. D’une efficacité redoutable, ils agissent sur le système nerveux central des insectes, provoquant d’abord la paralysie, ensuite le refroidissement, et enfin la mort. Voilà qui explique la surmortalité des insectes pollinisateurs, dont les abeilles, depuis la mise sur le marché de ces produits.

Tous les résultats montrent indiscutablement les effets sévères des néonicotinoïdes, même à doses infinitésimales, sur le nourrissage, la croissance, la reproduction et l’orientation des abeilles pollinisateurs. De ce fait, la commission européenne a décidé de suspendre à titre provisoire l’utilisation de trois pesticides mortels pour les abeilles : le clothianidine, l’imidaclopride et le thiaméthoxame, de la classe des néonicotinoïdes.

La mise sur le marché des insecticides néonicotinoïdes sera suspendue au 1er décembre

La suspension des insecticides néonicotinoïdes a été repoussée du 1er juillet au 1er décembre, le temps de laisser aux industries qui les commercialisent, y compris Bayer, de préparer leur contre-offensive. Plusieurs études scientifiques ont cependant déjà confirmé leurs effets ravageurs sur les abeilles, raison pour laquelle des dizaines de pesticides seront interdits à la vente dans toute l’Union européenne, notamment le Gaucho, le Cruiser et le Poncho. L’interdiction prendra effet le 1er décembre 2013.

Cette interdiction n’est cependant pas totale : les céréales à paille ne sont par exemple pas concernées alors qu’elles représentent en France un million d’hectares dont un tiers sont traités par les insecticides néonicotinoïdes. On y cultive pourtant également des tournesols, très attractifs pour les abeilles.

L’insecticide fipronil, également sur la sellette

Après la clothianidine, l’imidaclopride et le thiaméthoxame, c’est au tour du fipronil d’être suspendu pour deux ans par l’Union Européenne pour ses effets exterminateurs sur les abeilles, surtout quand il est utilisé en tant que traitement de semences de maïs. Appartenant à la famille chimique des phénylpyrazoles, les agriculteurs s’en servent pour contrôler les insectes au sol au cours de la phase de croissance des larves.

Disparition des abeilles : quelles conséquences sur l’agriculture mondiale ?

C’est un sujet qui dépasse largement les problématiques simples liées à la récolte du miel : si les abeilles et autres insectes pollinisateurs venaient à disparaître, l’impact sur l’agriculture mondiale serait catastrophique. La production agricole diminuerait de plus belle, ce qui augmenterait les prix de l’alimentation, aggravant la crise alimentaire mondiale actuelle. Les conséquences écologiques seraient également désastreuses, notamment en termes de préservation de la biodiversité. Nombreux sont les gens qui commencent à s’en inquiéter mais c’est encore insuffisant, il est temps d’agir et de se mobiliser pour notre survie à tous.