Le retard de l’Amérique du Nord dans l’efficacité énergétique des bâtiments

Les bâtiments jouent un rôle vital dans notre économie et dans notre vie. Un grand nombre de bâtiments dans lesquels les Canadiens passent 90% de leur temps fonctionnent en continu afin d’assurer la sécurité, le confort et les services dont nous avons besoin pour vivre et travailler.

Mais on ne peut négliger le fait que les bâtiments ont également un impact important sur l’environnement et les ressources naturelles dont nous dépendons tous. Dans l’ensemble, ils consomment plus d’un tiers de l’énergie primaire, deux tiers de l’électricité, un tiers de toutes les matières premières, et la part croissante de nos ressources en eau douce. Dans le même temps, les bâtiments représentent un tiers des émissions de gaz à effet de serre qui contribuent au changement climatique mondial et les déchets de matériaux qui continuent de présenter des défis d’élimination.

La construction de bâtiments qui permettront de réduire ces impacts sur l’environnement, d’assurer les fonctions de base sur lesquels nous dépendons tous, et en même temps continuer à nous inspirer par leur design est l’un des grands défis de notre temps. Au cours de la dernière décennie, les Européens ont fait des progrès significatifs vers un développement plus respectueux de l’environnement, grâce à un certain nombre de facteurs, dont les prix élevés de l’énergie, des terres et des contraintes de ressources, et en mettant davantage l’accent sur les innovations dans la conception culturelle. L’Amérique du Nord, malheureusement, est à la traîne de ses homologues outre-mer.

Au cours des deux dernières années, toutefois, les Nord Américains ont commencé à prêter attention aux principes de conception durable et aux pratiques de construction écologiques. De New York à Victoria, en Colombie-Britannique, jusqu’à Montréal, une nouvelle culture de la haute performance d’efficacité énergétique des bâtiments commence à apparaître.

Pourquoi une soudaine conscience verte? D’une part, la technologie continue de s’améliorer et de devenir plus disponibles sur le marché. Mais le plus important, c’est l’avènement de la troisième partie des programmes de certification, notamment le système de construction écologiques LEED, qui a aidé les développeurs, les acheteurs et locataires a prendre un virage écologique.

LEED, qui signifie Leadership in Energy and Environmental Design, est administré par le Conseil du bâtiment durable du Canada et fournit un classement à quatre niveaux de la performance environnementale d’un bâtiment, en commençant par la certification, de l’argent de base, de l’or, et évaluations de platine. Les bâtiments peuvent accumuler des crédits en six catégories liées aux impacts environnementaux: l’utilisation des terres et l’aménagement du site, l’efficacité de l’eau, la performance énergétique et la réduction des émissions, l’utilisation efficace et/ou réutilisation des produits, des matériaux et des ressources, la qualité des environnements intérieurs et innovation environnementale globale. La certification exige une attention particulière aux détails divers sur les performances d’un bâtiment dans chacune de ces catégories.

Les bâtiments LEED offrent des avantages clairs à leurs propriétaires ou occupants. D’une part, l’accent mis sur la performance énergétique se traduit par des coûts d’exploitation nettement plus bas. Moins tangible, mais non moins importante, est le bénéfice de la qualité de l’air intérieur et l’exposition à la lumière naturelle. LEED offre un certain nombre de crédits pour l’utilisation de produits comme les tapis, les peintures, les adhésifs, mastics et qui contiennent moins de composés organiques volatils qui polluent l’environnement intérieur. C’est important, car de nombreux bâtiments conçus au cours des deux dernières décennies ont un air intérieur qui est pire que l’air extérieur.

La plupart des bâtiments LEED à ce jour sont d’ordre institutionnel, gouvernemental ou commercial. Quand il s’agit de bâtiments résidentiels, en particulier les immeubles en copropriété à logements multiples, il y a très peu d’exemples. Ceci est largement dû à l’économie de l’industrie du développement résidentiel et les coûts supplémentaires associés aux produits de qualité supérieure, la conception et le contrôle qualité.

Cependant, la réalisation des normes élevées de performance environnementale va à l’encontre du chœur de la sagesse conventionnelle qui a si longtemps dit qu’il va coûter trop cher et les acheteurs ne sont pas prêts à payer? Il s’agit d’une question importante pour l’industrie des condominiums. Les constructeurs de condos n’ont qu’une seule chance de recouvrer leurs coûts de construction et de faire des profits. Si les acheteurs ne sont pas disposés à payer plus cher, alors il n’y a aucun avantage pour le constructeur de dépenser plus dans le but d’améliorer l’efficacité énergétique de ces condos. En outre, la hausse des prix n’est pas la meilleure réponse à partir d’une perspective d’équité sociale. D’une part, il ferait un bâtiment vert un bien de luxe et trop coûteux pour que les personnes qui pourraient bénéficier d’une maintenance réduite coûte le plus cher.

L’Amérique du Nord et le Canada, en particulier, ont encore du rattrapage à faire quand il s’agit de l’amélioration de la performance environnementale des immeubles à condos et à logements multiples. Mais grâce à des programmes d’évaluation rigoureuses tels que LEED, nos villes seront bientôt ornée d’exemples de bâtiments verts dignes d’un nouveau siècle.