Le vélo au service de l’écologie

Alors que les affres de la pollution restent une préoccupation mondiale, les constructions de pistes cyclables ont été des initiatives louées. Mais dans quelles mesures l’usage du vélo est-il une alternative intéressante?

Ecologie et énergie

Jamais l’écologie n’a autant pris les devants de la scène, trouvant sa place au programme des classes secondaires, alors que le terme n’existait pas encore deux siècles auparavant. Souvent utilisé à tort, le mot qui désigne l’interaction des êtres vivants et de leur environnement sert tantôt à parler de changement climatique, tantôt de reboisement, mais on l’associe également au développement durable. Autant donc le remettre dans son cadre initial. Depuis que l’Homme a fait évoluer ses infrastructures de vie, ses moyens pour se nourrir et pour se déplacer, il est responsable d’une consommation d’énergie importante. D’ailleurs, la manière actuelle de se nourrir implique la pollution dès l’étape où on fait pousser les plantes. Mais concentrons-nous plutôt sur les moyens de transports qui sont responsables de 25% d’émissions de CO2.

L’ascension du cyclisme

Savez-vous qu’un Européen sur 8 préfèrerait conduire au lieu de marcher, même pour une distance de 500 m ? La voiture est pointée du doigt par les adeptes de mouvements écologiques, leurs statistiques démontrant que la majorité de la population est conditionnée aux quatre-roues, déjà reconnues comme grands émetteurs de gaz carbonique. Et pourtant, bien des trajets habituels peuvent être effectués à pied ou à vélo. Aussi, en attendant la réalisation du rêve de « voiture propre », le cyclisme a gagné progressivement en noblesse.

De nombreux automobilistes sont devenus des vététistes du dimanche pensant que les quelques kilomètres de descente en VTT après la montée d’une colline avec le vélo sur le toit, suffirait à établir un bilan carbone neutre et à calmer leur conscience.

Le bambou bike, un vélo vert

A l’heure où les enjeux socio-économiques sont étroitement liés à l’environnement, le vélo reste pourtant très controversé, notamment en raison de la pollution engendrée par sa fabrication. Fabriquer un VTT requiert acier, aluminium et carbone, et produit environ 240 kg de gaz à effet de serre. Une manufacture ayant requis 700 euros engendre une empreinte carbone totale d’une tonne en équivalent CO2. Pour que cette empreinte carbone du nouveau vélo soit couverte, il faudrait donc s’en débarrasser en parcourant 643 km, sans encore tenir compte de l’énergie dépensée par le cycliste en pédalant.

Aussi, les détracteurs des cycles ont avancé que le vélo n’était pas si écologique que l’on prétendait. Même le vtt en titane qui a son heure de gloire actuellement par sa longevité (et donc son bon “amortissement” de son empreinte écologique) a une empreinte carbone importante. Quant aux vélos électriques, il vaut mieux ne pas en parler malgré ce que disent certains.

De ces constatations est né le projet de fabrication en série des « vélo écologiques » en bambou, d’abord destinés aux populations enclavées en Afrique. Moins coûteux en matériaux et en énergie, le Bambou Bike a déjà été présenté au public en 1894 à l’expo de Londres. La plante existant sous 500 espèces, légère, résistante est dotée d’une capacité de traction supérieure à celle de l’acier. Elle pourrait rehausser l’image du cyclisme en le remettant au rang de sport au service de l’écologie, vu que l’impact environnemental de la fabrication de cycles en sera amoindrie.